Sapin et autres brouillons de Luc Dietrich

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La délicatesse éditorial de la maison Eoliennes est ce qui sied le mieux aux écrits de Luc Dietrich. Pas de chichi pour bibliophile-bourgeois, pas d'industriel insolent, pas de matériau dégradable utilisé ces jours par les branchés de l'art graphique : du livre solide et beau, simple mais solide, BCBM en somme.
Oui, beau colophon belle main.
Si ce nouveau volume de Luc Dietrich sent le sapin, c'est que l'auteur du Bonheur des Tristes était à la compagne, dans les bois, comme un ermite à un moment de sa vie où il lui fallait passer à une oeuvre nouvelle et s'attaquer à son récit de l'Apprentissage de la ville, en l'absence de Lanza del Vasto alors en Inde. Et le poète Dietrich travaillait dans la sylve à boucler un manuscrit à l'aide de fragment tôt venus dont il avait conservé la trace dans des enveloppes organisées par chapitre.
Des premiers jets plutôt que des brouillons du reste. Des "morceaux" déjà rendus utilisables, à imbriquer dans une marquetterie. C'est plutôt passionnant puisque cela montre le travail de Dietrich assez précisément. Et ce sont ces petites boîtes de papier que Frédéric Richaud a ouvertes afin de les publier in extenso dans un livre qui ressemble beaucoup aux premiers écrits de Dietrich, très poétiques donc, très doux, avec, par endroits, des instants électriques comme cet

"homme des villes, ce fauve qui se ronge les ongles et prépare les grandes guerres",

qu'on dirait du jeune Giono ou de l'Audiberti. Une grande délicatesse en sus, un grand désarroi.
A l'heure où l'on redécouvre l’œuvre de Carnevali, l'Italien déchiré, on dirait deux frères qui se retrouve, en quelque sorte



Luc Dietrich Sapin, ou La Chambre haute. Édition et présentation de Frédéric Richaud. - Bastia, Eoliennes, 80 pages, 15 €



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