Ruffian, Vagbond, Maladrin

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Remarquables proses dans Fièvres en ville de Sofiane Delière. Des fragments de vie urbaine par un grand dératé.
Il aurait tendance, si l'on en croit une note de l'éditeur, a égarer les carnets dans lesquels il écrit depuis plus de quinze ans. On n'en est pas complètement surpris tant la vie jaillit de ces textes courts, aussi ébréchés et dépeignés qu'apparemment anodins. Leurs incipits frisent parfois la provocation potache, comme ce candide

Guigus aime bien aller au MacDo.

A condition de passer outre cette désinvolture, qui n'est même pas mimée, on trouve vite chez Sofiane Delière un allant et des lectures qui manquent généralement aux auteurs qui ont grandi sous cloche, trop près des ors de la Littérature. Lui, il évolue dans les "interstices de Panam" et nous fourgue, entre autres choses dont il a plein les poches, son énergie. Merci.
On ne criera pas au chef d'oeuvre, mais on tire respectueusement notre galurin à cet ostrogoth qui attrape son lecteur par le colback et le traîne de gré ou de force sur soixante-dix pages pages. Voilà qui est digne d'un rudeboy comme on en faisait autrefois, et d'un raconteur pareil (avec playlist pour les amateurs).
Mais, bien entendu,

Au kilomètre 56, la situation devient critique.




Sofiane Delière Fièvres en ville. - Editions Supernova, "Dans le vif", 70 pages, 10 €


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