Les Tortues (chapitre X)

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Alors, quand le manguier est au bout de son temps d'été, qui empêcherait ses fruits de tomber ? Ils lui pèsent, chacun, comme un enfant juste avant l'accouchement ; et dans chacun la petite fée térébenthine qui en souligne le goût éclate dans sa robe de sucre. Le vent gauleur un soir ou l'autre descend de la montagne ou, quand il se refuse, c'est la pluie des avancées de février elle-même qui gaule. Inventez Dieu sur la branche ou Marie la Vierge et saint Denis dans le feuillage : vous n'y changerez rien. C'est la saison et la force... Il y a des manguiers de mort. Je les nomme manguiers parce que c'est l'arbre qui toujours a borné mon horizon, le plus familier de ma pensée et le jalonneur des chemins de ma mort. Donnez-leur le nom que vous voudrez. Mais il y a cette époque du fruit mûr qui ne peut plus attendre. Et vous êtes sous la grande ombre verte comme sous un dôme en train de s'effondrer
(...)





Loys Masson Les Tortues. — Talence, L'Arbre vengeur, 2021, « L’Alambic », 306 pages, 17 €

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