Les couvertures du siècle dernier (LXXXXIV)

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(...) Du matin au soir, un grand bruit régnait dans le garage et l'atelier de réparation. On eût fit que les architectes avaient construit la grande bâtisse avec du verre, du ciment et du métal, à seule fin d'expérimenter les vertus résonnantes de ces matières. Le moindre crépitement s'amplifiait jusqu'au vacarme. Un jet d'eau dirigé contre la roue d'une voiture avait un bruissement de cascade. La peau de chamois, en nettoyant les carreaux, poussait des cris plaintifs. Les lampes à souder sifflaient comme des serpents. Les chaînes cliquetaient, les poulies grinçaient et si, à ce tintamarre, se mêlait le fracas des marteaux qui rétablissaient une aile enfoncée ou le klaxon impatient des clients, le bruit s'organisait en une symphonie monstrueuse.
Séraphidis l'ignorait. Les manches de lustrine posées sur les pages blanches, il avait l'air de serrer amoureusement dans ses bras les colonnes de chiffres qui s'allongeaient devait lui. (...)



André Kédros La Fleur nouvelle. - Paris, Editeurs français réunis, 1954, 279 pages.


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