Les incipits du siècle dernier (20)

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Albert Grupeau avait vu le jour dans un soupente de la rue Simon-le-Franc. Il y usça si maigre tétin et n'eut de tout le reste si pauvre mesure dans la suite, qu'il resta fort chétif. Il marchait de travers, avec une épaule en avant qui, tel un éperon de navire, lui servait à fendre les flots de la populace. Etant gosse, il tomba le nez dans une pêle où sautaient des oignons, et la barbe, à cause de cet accident, lui poussa par plaques, découvrant sur les joues les sillons ardents des cicatrices.




Victor Cyril Les Mains sur la nuque. - Paris, Union de littérature et d'art-Librairie F. Tassel, 1909.

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